Jeudi 15 décembre 2011
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La Constitution du 4 octobre 1958 précise dans son article premier : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale".
Chaque terme a été pesé. On peut, en ce moment, s'interroger sur leur réalité dans notre République. Je me contenterai d'insister sur la valeur "laïcité" qui est de plus en plus attaquée. Elle
est pourtant essentielle pour que démocratie et socialisation puissent s'exprimer avec efficacité.
Le Ministre de l'Intérieur, par circulaire du 21 avril 2011, a décidé que les Préfets devraient désigner un "correspondant laïcité dans leur département pour participer à la "conférence
départementale de la liberté religieuse". A première vue, pourquoi pas, mais, car il y a un mais qui ressemble à une manipulation de la loi de 1905. Cette loi affirme que "
la République assure la liberté de conscience, elle garantit le libre exercice des cultes" mais attention, la liberté de conscience ne découle pas du libre exercice des cultes.
Veillons à ce que ceux qui ne croient pas ou sont indifférents, ou ne sont pas de la religion dominante ne soient pas marginalisés. Prenons garde à ce que la liberté de conscience du citoyen ne
soit pas remise en cause. Cette loi de 1905 garantit l'indépendance de l'Etat et des religions.
Notre pays est ouvert à des hommes et des femmes n'ayant pas notre culture, nos valeurs, et bien entendu on assiste à des dérives communautaires que seule la laïcité peut maîtriser. Le Président
de la République nous a expliqué que le curé est plus à même d'assurer la formation d'un enfant que l'instituteur. Le ministre de l'Intérieur (et des cultes) estime que seule la
liberté religieuse peut donner accès à la liberté de conscience. Ne serait ce pas l'inverse ? C'est bien la liberté de conscience qui assure
la liberté religieuse.
Je trouve que ces prises de position au plus haut niveau de l'Etat ont de quoi nous inquiéter. Certains diront que nous avons des problèmes plus urgents à régler que le vote des étrangers hors
communauté européenne. Peut être ! Mais je me félicite que le Sénat ait relancé le débat qui revient de façon récurrente depuis de nombreuses
années. Le Sénat vient de "passer" à gauche, il fallait saisir ce changement pour essayer de
faire évoluer cette question.
Si je suis favorable au vote pour les élections locales, je pense qu'il faut néanmoins y mettre un cadre et notamment vivre et travailler en France depuis plusieurs années, parler et lire
le français. Et plus précisément s'engager à respecter sans faille les valeurs de notre République "Liberté - Egalité - Fraternité - Laïcité". Bien évidemment l'égalité homme femme est
l'acceptation sans restriction de la Laïcité, élément essentiel du "vivre ensemble".
Je crois qu'il est temps de donner des signes forts pour l'intégration. Je ne sais pas si la possibilité offerte permettrait d'améliorer le sentiment d'appartenance à la communauté française,
mais cela vaut la peine d'être tenté.
J'entends bien sur d'ici ceux qui disent : "ils veulent voter ? qu'ils prennent la nationalité française. D'abord ce n'est pas si facile que ça, et puis je comprends aisément que, même si
l'on vit dans un pays autre que le sien, on veuille conserver la nationalité de ses ancêtres. Problème sans doute difficile mais avançons vers sa solution.